Nombre d’enfants que les Japonais peuvent avoir

Aucune loi n’interdit d’avoir dix, quinze ou vingt enfants au Japon. Pourtant, les familles nombreuses sont devenues rarissimes. Le taux de fécondité s’est effondré à 1,26 enfant par femme en 2022, bien loin du seuil de renouvellement démographique.

Depuis des années, les gouvernements multiplient les mesures pour dynamiser la natalité, mais la courbe ne se redresse pas. Malgré l’absence de toute restriction officielle, chaque projet d’agrandir la famille se heurte à une série d’obstacles économiques et sociaux qui pèsent lourdement dans la balance.

Le Japon face à un record historique de faible natalité

Le mot n’est pas galvaudé : la natalité japonaise atteint un plancher inédit. En 2023, le ministère de la Santé a recensé 758 631 naissances, soit un recul de 5,1 % par rapport à l’année précédente. La chute se poursuit depuis plus d’une décennie, installant le taux de fécondité à 1,26 enfant par femme. On est loin des 2,1 enfants nécessaires pour stabiliser la population japonaise.

Ce phénomène traverse tout le pays, de Tokyo à Nagasaki : le nombre d’enfants par famille se réduit d’année en année. Le Japon se retrouve maintenant en bas du classement mondial, derrière la Corée du Sud ou Hong Kong. Pour situer, la France compte 1,8 enfant par femme, une différence qui s’observe sur le terrain.

Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Population japonaise : 124 millions d’habitants
  • Nombre de naissances en 2023 : 758 631
  • Taux de natalité le plus bas jamais enregistré

La démographie japonaise n’épargne personne. Le vieillissement accéléré érode la part de femmes en âge d’avoir des enfants. Cette évolution bouleverse l’ensemble du pays : la main-d’œuvre se raréfie, le marché intérieur se contracte et les défis liés à l’espérance de vie prennent de l’ampleur.

Quels facteurs expliquent la diminution du nombre d’enfants par famille ?

La chute du nombre d’enfants par famille au Japon ne doit rien au hasard. Plusieurs tendances s’additionnent et renforcent le recul de la fécondité. L’une des plus marquantes concerne le mariage. Les données du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales montrent que la part des femmes mariées diminue depuis plusieurs décennies. Or, au Japon, la naissance d’un enfant va presque toujours de pair avec la constitution d’un couple formellement uni.

Le marché du travail a également changé la donne. L’époque du plein emploi à vie, qui favorisait la stabilité et permettait d’envisager sereinement la parentalité, a cédé la place à davantage de précarité pour les jeunes adultes. Pour de nombreuses femmes nées dans les années 1980 et 1990, la maternité devient un choix difficile, souvent repoussé, parfois abandonné. Trouver un équilibre entre carrière et vie familiale reste un défi de taille.

Plusieurs paramètres clés pèsent dans la décision d’agrandir la famille :

  • Âge moyen au premier mariage : 29,7 ans pour les femmes
  • Part des femmes sans enfant à 50 ans : en progression constante
  • Coût de l’éducation et du logement : obstacle majeur

La longévité exceptionnelle des Japonais, saluée mondialement, accentue ce déséquilibre. Quand la durée de vie s’allonge, mais que les naissances se raréfient, toute la structure démographique se transforme. Chaque aspect, de l’emploi à la politique familiale, influence le choix d’avoir, ou non, plusieurs enfants.

Déclin démographique : quelles conséquences pour la société japonaise ?

La pyramide des âges au Japon perd peu à peu son équilibre. En 2023, selon l’institut national de recherche sur la population, près de 30 % des Japonais avaient plus de 65 ans. Cette évolution oblige le pays à réinventer ses politiques publiques, ses infrastructures et ses modèles économiques.

La baisse du taux de natalité et la diminution du nombre de jeunes actifs bouleversent la vie quotidienne. Dans les campagnes, les écoles ferment ; les hôpitaux recrutent difficilement ; les entreprises font face à une pénurie de main-d’œuvre. L’État doit aussi revoir ses priorités, alors que les dépenses de santé et de retraites augmentent. Le principe de solidarité entre générations, pilier du modèle social japonais, se retrouve mis à l’épreuve.

Voici quelques conséquences concrètes :

  • Le ratio de dépendance grimpe : moins de deux actifs pour un retraité
  • La croissance économique devient plus difficile à préserver
  • Les systèmes d’assurance maladie et de retraite subissent une pression grandissante

Les rapports de la recherche nationale sur la population préviennent : dans certaines régions, le dépeuplement pourrait s’accélérer brutalement. Nagasaki, par exemple, voit sa densité diminuer rapidement. À l’inverse, Tokyo continue d’attirer, ce qui accentue les déséquilibres territoriaux. Sur le terrain, certains spécialistes plaident pour une ouverture migratoire ou un soutien renforcé à la natalité, mais la société japonaise avance avec prudence, fidèle à ses repères culturels.

Face à la baisse continue des naissances, le Japon regarde l’avenir avec gravité, mais aussi une volonté de bâtir des réponses collectives. Les choix faits aujourd’hui façonneront la société de demain, une société où chaque enfant compte, et où chaque naissance devient un événement porteur de sens.

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